Faut-il culpabiliser de ne pas allaiter son enfant ?


Hier, en me voyant allaiter la Biscotte, une copine m’a confié, sur le ton de l’aveu, qu’elle n’avait pas réussi à allaiter son fils plus de 15 jours. Entendant cela, une autre a rejoint la discussion, expliquant qu’elle n’avait pas réussi à mettre en place l’allaitement, pour aucun des ses quatre enfants. En creusant un peu, je me suis rendue compte que si la première avait un désir d’allaitement qui n’avait pu se réaliser pour cause de mauvais conseils, la seconde n’avait, en revanche, pas vraiment envie d’allaiter, ce qui expliquait, en grande partie, l’échec de ses quatre allaitements. (ça fait beaucoup d’allaitement en peu de phrase…)

Ce qui m’a frappé, lors de ces échanges, c’est que mes deux copines avaient l’air de se sentir coupable de ne pas avoir allaité leurs gosses. Et je ne trouve pas ça normal.

Vous commencez à le savoir parce que j’en parle tous les 3 jours : j’adore allaiter ma fille. Je trouve ça tellement pratique et tellement plus simple que je ne regrette pas un seul instant MAIS…

Allaiter, c’est compliqué

La mise en place d’un allaitement peut être difficile, surtout lorsqu’on est mal accompagnée. A sa naissance, la Biscotte avait du mal à téter. Je n’étais pas très inquiète mais l’auxiliaire puer de la maternité, si. La Biscotte avait perdu beaucoup de poids et avait du mal à en reprendre. On a donc commencé à me mettre la pression sur la nécessité de lui donner des biberons en complément. A me dire que mes seins étaient trop gros pour qu’elle les attrape correctement. Qu’elle n’ouvrait pas bien la bouche. Que je n’avais pas ma montée de lait (alors que je voyais bien que la couleur de mon lait avait changé mais il parait que je n’avais pas assez mal au sein…). Je me suis retrouvée trois jours après mon accouchement à essayer de tirer du lait à 23h pour faire des biberons de compléments et à me désespérer de ne pas y arriver. Je sais maintenant que j’ai les seins vides à 23h et que ça ne sert à rien de tirer mais à l’époque, je n’avais aucune idée qu’on pouvait tirer des quantités différentes selon l’heure. Cette puer m’a mis une pression telle que j’ai cédé et j’ai mis des bouts de seins, ce qui a failli me bousiller l’allaitement. Ne faites pas ça. Il m’a fallu un mois et une intervention pour couper le frein de langue de ma fille pour réussir à allaiter sans. La galère. Alors oui, allaiter ça peut être compliqué. Et on peut lâcher l’affaire.

Allaiter, ça prend du temps

Je sais, je vous ai dit tout à fait le contraire la semaine dernière alors laissez-moi préciser. La Biscotte fait des tétées rapides. 5 min en journée, 15 max le soir pour s’endormir en se faisant des gâtés. Mais un bébé, ça tète souvent. Toutes les 2h les premiers mois, ce qui demande quand-même d’être disponible. J’ai fait le choix de levier le pied professionnellement pour profiter de ma fille, je peux donc lui proposer le sein lorsqu’elle en a besoin. Je tire mon lait de temps en temps, pour assurer un stock de sécurité au cas où il m’arrive un truc et pour me permettre de la faire garder de temps en temps. Mais je suis détendue sur la question, je tire au réveil, quand j’ai les seins plein de lait, quand j’ai le temps. L’histoire ne serait pas la même si je devais passer mes journées dans un bureau, à tirer mon lait dans les WC et à m’angoisser d’avoir assez de lait à donner à la nounou/crèche le lendemain. Je suis d’ailleurs très admirative de mes copines qui ont réussi à tire-allaiter pendant des mois, tout en travaillant. Je reconnais ma chance.

Allaiter, c’est un choix

On ne va pas se mentir, allaiter, c’est aussi prendre le risque des crevasses lacèrent et des mycoses qui brûlent les seins, des montées de lait brutales et incontrôlées à un moment totalement inopportun. C’est être systématiquement celle qui se réveille la nuit. C’est faire une croix sur sa pudeur. Ou sur sa vie sociale.

Et puis allaiter, ça peut être intrusif, pour le corps. Certaines femmes n’ont pas du tout envie d’un bébé pendu à leurs seins, voire même peuvent se sentir attaquer par cet être qui les aspire. Et il faut le respecter. Mon sein, mon choix.

Allaiter, c’est dérisoire

Et puis surtout, ce n’est pas si important. Une maman, elle ne se mesure pas à un sein plein de lait mais plutôt aux bisous guérisseurs, aux chatouilles qui font rire, aux larmes séchées, aux calins en pleine nuit, au regard aimant et confiant qui donne le courage de grandir.

Crédit photo : unsplash.com

2 commentaires

  1. Annick dit :

    A titre personnel je ne souhaite pas allaiter mon fils, et ce pour diverses raisons. Ce qui me gêne surtout ce sont les conseils (que tu ne demandes pas !) des gens, proches et moins proches. Personne ne se rend compte que d’insister, de t’expliquer que chaque argument que tu avances (oui car on te demande de te justifier 😂) est super certes mais que tu comprends, l’allaitement c mieux pour ci, pour ça… et personne n’écoute le fait que oui tu t’es bien renseigné et que cela relève d’une decision personnelle… donc il ne faut pas culpabiliser de ne pas allaiter son enfant, mais il ne faut pas que les gens culpabilisent les mamans de ne pas allaiter leur enfant sous couvert de on discute juste et donnant un avis… ^^

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    1. Marie-Aurélie dit :

      Je suis totalement d’accord. Le souci, c’est que comme on sait que l’allaitement est mal compris et les futures mamans mal renseignées, on a tendance à vouloir donner des infos mais ça peut être très intrusif. Tu as raison de le rappeler.

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