Aller voir un psy


Ce matin, je vous propose un article (très largement inspiré de mon blog professionnel) un peu différent mais qui me semble très important pour éviter de tomber dans le piège du charlatanisme du soin psychique.

Je suis psychologue clinicienne. J’ai fait 5 ans d’étude et je suis titulaire d’un master professionnel en psychologie clinique et psychopathologie. Depuis 10 ans, j’ai pu expérimenter plusieurs pratiques professionnelles et accompagner des patients aux problématiques diverses. Et depuis 10 ans, quand j’annonce que je suis psychologue à des gens que je rencontre en soirée, je me heurte à deux réactions inévitables :

  1. “Han, t’es psy, j’arrête de parler, tu vas m’analyser !” (spoiler : non)
  2. “Han, t’es psy, ça tombe bien : comment je sais si un psy est bon ou pas ? Et comment je le choisis ?”

Etymologiquement

La psychologie, c’est la science de l’âme (psyché), la Clinique, c’est être au chevet du patient. La psychologie clinique c’est le courant de la psychologie qui accompagne le patient, est à son chevet, sur les chemins de l’introspection afin de trouver les origines de sa souffrance.

Première question, avez-vous envie d’aller voir un psy ?

S’engager dans un travail psychique n’est pas un acte anodin, et il ne peut porter ses fruits que s’il est motivé par le désir du patient. De fait, nous sommes tous amenés un jour à nous interroger sur nous-même au cours de notre vie. Se faire accompagner par un professionnel dans cette démarche n’est pas obligatoire, mais peut grandement faciliter le travail. La prise en charge psychologique permet de prendre du recul sur une situation, de verbaliser une émotion ou un vécu, pour mieux les comprendre dans un espace sécurisé.

Ok, quand dois-je consulter ?

Tout simplement lorsque la situation dans laquelle vous vous trouvez ne vous convient pas ou que vos interrogations sur vous mêmes ne trouvent pas de réponses satisfaisantes.

Et du coup, psychiatre ou psychologue ?

Le psychiatre est un médecin spécialisé dans la santé mentale. Il diagnostique, traite et tente de prévenir la souffrance psychique et les maladies mentales. Il peut, pour cela, prescrire des médicaments ou avoir recours à d’autres techniques thérapeutiques basées sur la parole. Il est remboursé par la sécurité sociale et est soumis à l’ordre des médecins.

Le psychologue est titulaire d’un master professionnel en psychologie. Cette discipline rassemble un grand nombre de champs d’action mais nous pourrions résumer le psychologue comme étant un professionnel du fonctionnement psychique, qu’il s’agisse des psychopathologies, de la personnalité et ou même des relations interpersonnelles. De fait, son travail varie beaucoup selon sa spécialité. Le psychologue clinicien est celui qui se confond le plus avec un psychiatre. La différence essentielle tient dans la prescription médicamenteuse Le psychologue ne peut pas faire d’ordonnance et n’est pas remboursé par la sécurité sociale.

On m’a conseillé un psychothérapeute, c’est bien ?

Le psychothérapeute est, par définition, celui qui propose une thérapie par le psychisme. Pendant longtemps, la législation n’a posé aucune limite au travail thérapeutique via l’esprit, aucune contrainte, ce qui s’est avéré problématique puisqu’il suffisait d’avoir vaguement suivi un séminaire de 3 jours dans un chalet en suisse pour se proclamer psychothérapeute et installer sa plaque en plein centre ville. Yolo quoiLa loi Accoyer (votée en 2004 mais mise en application en 2010) est venue normer les pratiques.

Depuis, sont considérés comme psychothérapeutes:

  • les psychiatres qui sont entièrement dispensés de formation complémentaire,
  • les médecins non psychiatres qui doivent justifier de certains modules de cours et de stages,
  • les psychologues,
  • les psychanalystes qui doivent justifier de certains modules de cours et de stages.

Dans tous les cas, il faut être inscrit sur une liste ADELI des psychothérapeutes. L’inscription nécessitera d’apporter la preuve des stages et cours.

Malheureusement, cette nouvelle façon d’envisager le titre de de psychothérapeute n’est pas toujours respectée et des professionnels sans formation continuent d’exercer. Pour cette raison, assurez-vous que le thérapeute qui est face à vous possède soit un diplôme de psychiatrie, soit un diplôme de psychologie. Ces diplômes ne garantissent pas de la qualité professionnelle dudit thérapeute, mais assurent un socle minimal de formation et de stage.

Et un psychanalyste, c’est quoi ?

La psychanalyse est une technique psycho-thérapeutique, au même titre que les méthodes cognito-comportementales ou systémiques. Cette technique repose sur l’analyse du discours et suppose un cadre précis (le divan, l’association libre, etc…) pour pouvoir être pratiquée. De fait, le psychanalyste est un psychothérapeute qui choisit d’utiliser un référentiel analyste pour travailler. Un psychanalyste peut donc être un médecin (psychiatre le plus souvent), un psychologue ou encore un simple psychothérapeute. À la différence d’un thérapeute cognitivo-comportemental par exemple, le savoir théorique ne suffit pas, et le psychanalyste doit avoir lui même expérimenté l’analyse avant d’être jugé apte à pratiquer l’analyse par les membres de son école théorique.

Comment ça marche, une psychothérapie ?

La première des étapes est de choisir son psy. Cette étape est cruciale pour le bon déroulé de la thérapie à venir, et il ne faut pas hésiter à consulter plusieurs professionnels pour trouver celui qui vous correspond, avec qui vous êtes à l’aise, et qui utilise des outils qui vous conviennent.

La première séance est primordiale puisqu’elle va vous permettre de faire connaissance avec votre psychologue, de lui expliciter votre demande, et de lui poser toutes vos questions. De son côté, il s’agira, pour le professionnel, de vous exposer son cadre de travail, ses référentiels théoriques, ainsi que sa méthodologie.

Chaque psychologue est libre de déterminer le rythme des séances, la durée de celles-ci et leur tarif. Outre certaines thérapies comportementales précises, il est difficile de s’engager sur une durée maximale de prise en charge mais il est important de rappeler qu’un patient est libre de mettre un terme (ou une pause) à son travail lorsqu’il le souhaite.

Combien ça coûte ?

Et bien ça dépend.

Chez les psychologues installés en libéral, les tarifs ne sont pas conventionnés. Et il n’existe pas de grille tarifaire commune à tous les professionnels. Le prix de la consultation est donc variable selon le psy, sa notoriété, la commune où il est installé et parfois même selon les patients. C’est une question que vous devez poser, en prenant rendez-vous afin de vous assurer que les tarifs pratiqués vous conviennent.

En institution type CMP, les consultations sont prises en charge. Certaines associations proposent aussi des consultations gratuites mais elles sont, le plus souvent, cadrées et en nombre limité.

C’est remboursé ?

Les psychologues ne sont pas considérés comme des professionnels paramédicaux. C’est peut-être un détail pour vous mais c’est ce qui garantit l’autonomie du psychologue en institution : il ne peut être contraint par le médecin-chef de service dans ses choix méthodologiques. La contrepartie de cette liberté, c’est que les séances chez le psychologue ne sont pas remboursées par la sécurité sociale.

Cependant, la majorité des mutuelles prennent en charge un certain nombre de séances, plus ou moins important selon les contrats, soit sur présentation de factures, soit sur une base forfaitaire. Le plus simple est de vous rapprocher de votre conseiller afin de connaitre les modalités de remboursement.

Comment je sais si j’ai trouvé le bon psy ?

Un bon psychologue ne convient pas à tout le monde. Il faut parfois rencontrer deux ou trois thérapeutes avant d’entamer vraiment un suivi. Les méthodes sont diverses, les modes de communication aussi… et tous les professionnels ne peuvent pas vous convenir.

Si lors des premières séances vous ne vous sentez pas à l’aise, pas en confiance, c’est que vous n’êtes pas au bon endroit. Cela ne veut pas dire que le psy n’est pas bon… juste qu’il ne vous convient pas.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas !

2 commentaires

  1. Papulex dit :

    Et que penser des professionels qui sont coach et psy? T
    ypiquement une amie a plein de questions sur sa transition de travail mais cette transition est aussi dûe à une remise en question globale et a de gros questionnements persos. Du coup, bon plan le coaching/psy?

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    1. Marie-Aurélie dit :

      Pour moi, ce n’est pas le même métier. Ce n’est pas la même approche ni la même dynamique. Il faut qu’elle creuse pour voir comment elle veut travailler, pourquoi etc…

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